Editorial

Illustration: M’Do

Je suis particulièrement heureux de présenter aujourd’hui , au nom de l’Association Les Amis de la Belle-vallée, le premier numéro de la revue qu’elle édite.
Celle-ci couvrira une aire géographique allant d’Entraygues à Cajarc, avec deux autres pôles forts, ceux du Bassin de Decazeville-Aubin et de Figeac-Capdenac. Nous envisageons d’étendre notre publication à tout le parcours du Lot, aussitôt que cela sera possible.


Cette revue a pour nom Les Cahiers de la Belle-vallée du Lot.
L’idée qui préside à cette démarche, c’est de combler un vide. En effet, il n’existe pas de revue spécifique à la Belle-vallée. Il s’agit de la faire aimer, connaître et reconnaître, d’abord par sa culture dans son acception la plus grande. Celle-ci, plus encore en Rouergue que peut-être ailleurs, façonne les hommes tout autant que la géographie et l’entourage propre, qu’on peut considérer comme les supports de la culture. C’est ainsi que le grand entomologiste rouergat Jean-Henri Fabre écrivait : Né ailleurs, j’aurais été bien différent, indiquant par là-même combien les lieux de ce territoire marquent de leur empreinte, souvent indélébile, les individus et la culture propre. Comme en écho, Elysée Reclus avançait, lui, qu’un paysage est une image de civilisation.


Mais, me direz-vous, pour faire connaître, aimer, il y a les livres, il y a les revues, les journaux, les associations !
Les livres, certes, sont importants et souvent incontournables. C’est bien la raison pour laquelle nous sommes extrêmement attentifs à toutes les nouveautés en rapport avec la Belle-vallée. Les revues sont intéressantes en ce qu’elles produisent des articles courts et précis, facilement lisibles et s’intéressent à plusieurs sujets offrant au lecteur un éventail de possibilités que ne peuvent aborder les livres. Cependant, je remarque qu’il n’existait pas, jusqu’à ce jour, de revue consacrée à la Belle-vallée ! Quant aux journaux, ils relatent prioritairement le quotidien et lorsqu’ils produisent des articles de fond, de par la place qui leur est impartie, ils ne peuvent être qu’informatifs.


Les associations sont incontournables, cependant on peut noter que peu d’entre elles produisent des textes qui paraissent dans des revues. Les pages de la nôtre, Les Cahiers, leur seront largement ouvertes.
Nous souhaitons nous situer comme un complément culturel, qu’on pense indispensable et, évidemment pas comme concurrent.
Nous voulons apporter un supplément, un éclairage particulier, pour ce qui concerne la connaissance de ce territoire et de sa culture. Pour cela, le lecteur trouvera des textes divers relevant de l’histoire, de la littérature, des arts, de la philosophie, de la vie courante, de la langue d’Oc. Ces diverses contributions auront pour cadre une maison, un château, un bourg, un village, une ville, un individu, une corporation, un trajet professionnel, un itinéraire personnel, ayant apporté quelque chose à la Belle-vallée.

Ni les bâtiments porteurs d’histoire, ni les lieux reconnus ou bien oubliés, ni même les personnalités pouvant entrer dans le cadre de nos investigations ne manquent ! Il s’agit par conséquent de mettre, et souvent remettre en lumière tout un patrimoine architectural, historique, humain, … que faute d’un minimum de recul, nous finissons par ne plus appréhender à sa juste valeur.
L’Association Les Amis de la Belle-vallée s’appuie sur des écrivains, des philosophes, des enseignants, des érudits et d’autres amoureux de la belle-vallée, qui lui apportent bénévolement leur concours.
Le premier numéro commence avec le billet philosophique de Louis Gombaud. Louis était professeur de philosophie, à Albi. Ecrivain, conférencier, enseignant, son engagement pour la défense des langues anciennes ne s’est jamais démenti.


Jean-Paul Desprat, écrivain, historien bien connu, évoque le Jazz à Gironde où sont passés les plus grands. On ne présente plus Jean-Paul Desprat, pour certains le Jazz à Gironde apparaîtra comme une révélation.
Rémi Soulié, écrivain reconnu, qui a composé plusieurs livres sur le Rouergue, produit un texte relatif à L’Âme du Pays noir. Il situe notre démarche dans une continuité, un enracinement, propices à l’inspiration. Il avance que Decazeville ressemble à une mandragore. La mandragore, objet de tous les fantasmes plus ou moins bienveillants.
Bien des drames se sont produits dans la Belle-vallée au cours de la deuxième guerre mondiale. Isabelle Poujol retrace celui de Léon Weissberg. Peintre de renom, venu travailler à Paris, mis en résidence surveillée, sous l’Occupation, à Entraygues où son séjour fut extrêmement productif. Léon Weissberg, d’origine juive, est arrêté et conduit à Maidanek où il est assassiné le jour de son arrivée.


J’ai interviewé Christian Bernad qui s’est trouvé, à son insu dit-il, choix heureux dirons-nous, président de l’association pour l’Aménagement de la Vallée du Lot. Il retrace pour les Cahiers, l’aventure que fut la remise en état de la Belle-rivière.
Je ne sais pas si l’Histoire commence à Sumer, comme l’écrivait il y a déjà quelques décennies, Samuel Noah Kramer, mais je sais qu’elle est très présente dans la Belle-vallée où elle affleure partout.


Mathieu Marty est passionné par sa vieille ville de Capdenac qu’il pense être l’antique Uxellodunum, dernier combat de César en Gaule. Son texte se situe dans cette perspective qui avait déjà reçu l’aval des frères Champollion et de très nombreux savants de l’époque. Cette position, Uxellodunum à Capdenac, ne manque pas d’arguments. Cependant, depuis le règne de Napoléon III, une petite majorité de savants situe Uxellodunum ailleurs, au Puy d’Issolud (46) ! Quoi qu’il en soit, le texte de Mathieu Marty, au-delà de la prise de position pour La cité de Capdenac Uxellodunum, livre qu’il écrivit en 2005, retrace le siège et la victoire de César. Un grand moment d’histoire !


Valérie Mirarchi, professeur agrégée, docteur en philosophie, a produit un excellent ouvrage relatif à l’œuvre de Françoise Sagan, dont elle est devenue une des spécialistes les plus éminentes. Elle a bien voulu écrire un texte sur cette grande auteure, née sur les bords du Lot à Cajarc.
Gérard Pertus est de ceux qui ressentent le pays d’Olt. Il nous livre une chanson de sa composition qui nous ramène en un temps où on parlait tous la lengua nostra !

Pierre Poujol

Les Cahiers

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